Conférence de David Auclair sur l’éducation

Pour le prochain séminaire du groupe, nous aurons le plaisir de recevoir David Auclair, candidat au doctorat à l’UQAM et auteur de La bio-logique du nouveau management à l’école (Nota bene, 2016), qui donnera une conférence intitulée :

Moralité, autorité et normalité : analyse des transformations éducatives dans les sociétés occidentales depuis le milieu du XIXe siècle

Cette conférence aura lieu le 22 mars prochain, dès 14h, à la salle 5020 du pavillon Aquin de l’UQAM. 

Lien fbook: https://www.facebook.com/events/2258577374414135/

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« L’école et la famille du XXIe siècle renvoient l’écho d’une société sans entraves, sans limites, et cette condition de la formation et du développement des individus semble répondre à une prérogative naturaliste de la non-intervention. Alors que l’on tente d’établir cliniquement une normalité en observant les conduites et les comportements des enfants, des professionnels, des parents, principalement à l’aide d’analyses comportementalistes et psychiatriques, on néglige la part de différence et la force de l’imperfection, l’élan de la négation, celui de la crise dans le développement, mais aussi celui des besoins de rechercher et de trouver, ne serait-ce qu’un bref moment, un sentiment d’équilibre entre le sujet et son milieu de vie (Vygotski, 2003, Bronckart, 2002). Une société stressée, angoissée, dépressive et menée par la mesure a besoin d’explications préventives et proactives (Canguilhem 2002). Or, on peut dès lors prétendre respecter la nature « positive » en l’observant : « observer pour comprendre, comprendre pour agir », mais il devient évident qu’on ne fait que violenter culturellement le sujet dans un abandon relatif du lien social, qui, lui, doit nécessairement être symbolisant par la médiation de l’autorité. 

Dans le cadre de cette conférence, nous aborderons l’éducation familiale et scolaire en mobilisant les concepts de la moralité, de l’autorité et de la normalité. Comme l’expliquait C. Lasch : « la dissolution de l’autorité ne mène pas à la liberté, mais à de nouvelles formes de domination ». À partir d’une lecture attentive de la philosophie synthétique et évolutionniste de H. Spencer, nous exposerons les thèmes de la moralité piagétienne et durkheimienne, nous nous pencherons sur la critique vygotskienne des travaux piagétiens et de la psychologie clinique de l’époque, nous définirons les types fondamentaux de l’autorité avec A. Kojève et nous terminerons cette présentation avec les écrits critiques sur la psychologie, la médecine et la normalité de G. Canguilhem. Force est de constater qu’un fil conducteur unit tous ces penseurs : interpréter les transformations morales, familiales ou scolaires en situant scientifiquement le sujet humain en tant qu’objet d’analyse afin de comprendre les liens et les influences entre la nature et la culture dans le développement ontogénétique et phylogénétique. C’est aussi dans cet intervalle interprétatif que nous observons les dérives scientistes de l’organicisme ou du relativisme sociologique. » (D.A.)