Eric Pineault: De la Grande Accélération à l’ère de l’Anthropocène

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Le collectif Société a le plaisir de vous inviter à la conférence d’Éric Pineault, professeur au département de sociologie de l’UQAM, intitulée :

« De la Grande Accélération à l’ère de l’Anthropocène »

Le séminaire aura lieu vendredi 27 avril 2018, dès 14h, à la salle 5020 du pavillon Aquin, à l’UQAM.

Le résumé de la conférence est présenté ci-bas

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 » L’Anthropocène est le nom prospectif pour une nouvelle ère géologique qui succèderait à l’Holocène, nom que donnent les géologues au temps présent depuis le 19e siècle. L’irruption de l’Anthropos dans la nomenclature du temps géologique vise à reconnaître que l’être humain est devenu une force géologique, comparable dans ses effets aux grands cycles biogéochimiques qui marquent le système terre ou, plus catastrophiquement, à la chute de corps célestes responsables des grandes extinctions du passé. Même si les géologues, et plus particulièrement les stratigraphes, n’ont pas encore adopté un nouveau calendrier des âges de la terre avec cette nouvelle catégorie, l’idée même d’une ère de l’Anthropocène a soulevé des grands débats dans les sciences sociales. Elle enchante particulièrement ceux et celles qui trouvent dans la théorie de l’acteur-réseaux et de l’hybridité, ainsi que chez les tenants d’un nouveau matérialisme radicalement constructiviste, une grille de lecture des changements environnementaux contemporains. Elle inspire aussi profondément les tenants du « post-environnementalisme » qui y voient l’acte final de la dissolution de la fausse séparation « cartésienne » entre nature et humanité construite par la « modernité occidentale ».

Nous retenons plutôt deux questions qui, selon nous, ont une importance générale pour la sociologie contemporaine : comment agissons-nous comme force géologique et surtout, depuis quand ? La théorie de la Grande Accélération offre un début de réponse intéressant à ces questions pour une théorie critique de la société contemporaine qui éclaire ses contradictions écologiques. Elle permet aussi une critique plutôt radicale des interprétations latouriennes et constructivistes de la (non-)crise écologique pour lesquelles l’accélération n’est pas tant un problème qu’une solution. » (É.P.)​