Vendredi le 14 mars 2025 à 13h30,
UQAM, J-1060 et Zoom: https://uqam.zoom.us/j/81548254747
Olivier Bélanger-Duchesneau
Les formes du national-populisme patrimonial

Dans un ouvrage important sur les racines du populisme états-unien, l’historien Michael Kazin soutenait que ce mouvement agraire, qui naît à la fin du XIXe siècle, s’appuie sur un imaginaire « producériste », considérant la nation américaine comme une communauté de travailleurs-producteurs. En 2024, le philosophe Michel Feher remet de l’avant ce concept pour analyser de ce qui représenterait l’imaginaire fondamental du Rassemblement national en France, divisant la société, à partir de schèmes idéologiques propres à l’extrême droite européenne, entre « producteurs et parasites ».
Notre communication tentera d’y voir plus clair sur la nature, la pertinence et les limites de ce type d’analyse pour comprendre la réémergence du national-populisme, bloc (contre-?) hégémonique émergeant de la globalisation néolibérale. Pour ce faire, il sera question de prendre la mesure des formes historiques qu’il a pu revêtir, dans l’optique de mieux saisir ses mutations idéologiques dans l’Occident contemporain, notamment en prenant appui sur le concept de « populisme patrimonial », forgé par le politologue Dominique Reynié.
Brian Singer
Les racines sociales de la montée actuelle du populisme de droite
Je souhaite explorer les racines sociales de la montée actuelle du populisme de droite. L’exposé commencera par un remaniement critique de l’essai classique de Max Weber, « Classe, statut et parti ». Je considère le populisme de droite comme une réponse, même paradoxale, à la contradiction entre l’imaginaire égalitaire caractéristique de l’ordre symbolique démocratique et une inégalité croissante et des nouvelles formes d’inégalité. La classe et le statut étant les principaux termes permettant de comprendre l’inégalité, il est important d’examiner comment ils sont reconfigurés dans les circonstances actuelles, et les tensions politiques qui en résultent.

Stéphane Vibert
Le populisme comme expression démocratique postmoderne ?

Dans un cadre général où la souveraineté politique du « peuple » à travers ses diverses médiations historiques paraît être remise en question tant par la globalisation capitaliste et ses concomitants que par les multiples subjectivités identitaires, il s’agit de se demander si l’émergence mondiale des « populismes » ne représente pas l’ultime possibilité réactive d’une volonté de « faire société » à l’échelle des nations et civilisations historiques, tout en adoptant souvent les marqueurs de la transformation postmoderne en cours (simplification des messages, relativisme, économicisme, idéalisme techniciste, etc.).
